CONSTANCE MOZART OU LE GÉNIE AMOUREUX
du 22 au 26 avril 2026
THÉÂTRE | MUSIQUE CLASSIQUE
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Wolfgang Amadeus Mozart était un génie, mais il est mort ruiné et fut enterré dans l’indifférence générale. Il aurait probablement sombré dans l’oubli si sa femme n’avait pas tout sacrifié pour lui, en bataillant pendant plus de cinquante ans pour faire connaître sa musique.
Dans « Constance Mozart ou le génie amoureux », on découvre le portrait d’une femme exceptionnelle qui est l’anti-portrait de la femme frivole qu’on a souvent présenté. Féministe avant l’heure, Constance se révèle être une femme d’affaires redoutable, n’hésitant pas à revendre plusieurs fois l’exclusivité du « Requiem » par exemple, mais également une femme qui a confiance en elle et que la brutalité masculine n’impressionne plus. Derrière tout cela, c’est bien pour défendre amoureusement la mémoire de son mari qu’elle se bat avec tant d’énergie.
Si elle ne lui avait pas survécu pendant plus de cinquante ans, bataillant jour et nuit pour la postérité de son œuvre, si elle n’avait pas gratté la terre à mains nues pour retrouver son squelette, ni rebaptisé son jeune fils « Wolfgang Mozart II » pour le produire dans toutes les cours d’Europe, le génie de son défunt mari aurait disparu dans sa tombe avec sa dépouille. Mais contre toute attente, le deuil de Constance révéla une femme d’affaires intransigeante et un caractère hors norme. C’est le destin extraordinaire d’une femme d’une grande modernité qui nous est conté ici, dans l’écrin du Temple de Cheseaux, lieu idéal pour sublimer merveilleusement la musique du Quatuor Sine Nomine et les mots de Jean Chollet.
Jean Chollet, quel était votre projet en écrivant «Constance Mozart, le génie amoureux » ? Ce que je voulais surtout, c’était proposer un portrait de Constance différent de celui du fameux film « Amadeus » par exemple. En effet, dans « Amadeus », comme dans beaucoup de productions cinématographiques consacrées à Mozart, on présente Constance comme une femme écervelée, légère, incapable de tenir son ménage. Cette image n’est pas seulement due à l’imagination des réalisateurs : elle a été largement cultivée par la famille Mozart qui méprisait Constance Weber en raison de ses origines bourgeoises.
Mais qui était donc Constance Weber ? Constance Weber, comme ses soeurs, possédait une voix assez bonne pour pouvoir monter sur scène et chanter les principales œuvres du répertoire de son mari. Puisque aussi bien la « Société des compositeurs de Vienne » que l’Empereur lui refusèrent le moindre soutien, elle a commencé à donner des concerts très régulièrement, dans de nombreuses villes. Des concerts par ailleurs tout à fait remarquables et remarqués.
On a beaucoup dit qu’elle entendait rester fidèle à son mari et pourtant, après son décès, elle s’est remariée avec un diplomate danois ? C’est exact. Encore faut-il souligner que cette relation avec son second mari a peut-être été une relation plus fraternelle qu’amoureuse. Georg von Nissen était fasciné par Mozart et c’est d’abord comme admirateur de Mozart qu’il s’est lié à Constance. Ils ont par la suite œuvré en commun sur la première biographie consacrée au compositeur.
Dernière question : quelle œuvre musicale avez-vous choisi de confier au quatuor Sine Nomine, qui dialoguera avec Sylvie Boivin ? J’ai choisi le quatuor no 15, KV 421. Il est le 2e des 6 quatuors que Mozart dédie à Haydn (son aîné de 24 ans) et la tradition dit qu’il l’aurait composé la nuit même de la naissance de son premier enfant. C’est une œuvre absolument sublime et dont la structure même permet aisément un découpage pour dialoguer avec un texte théâtral.
À L´ÉGLISE DE CHESEAUX
AVRIL 2026
ME 22, 20H
JE 23, 20H
VE 24, 20H
DI 26, 17H
TEXTE
Jean NAGUEL
RÉALISATION
Jean CHOLLET
AVEC
Sylvie BOIVIN
QUATUOR SINE NOMINE
Violon
Patrick GENET
François GOTTRAUX
Alto
Nicolas PASCHE
Violoncelle
Marc JAERMANN
PRODUCTION
Bateau-Lune